Le marais salant

Si les marais salants d’Oléron avaient naguère tous cessé leurs activités, pour être
pour la plupart transformés en claires pour les huîtres, il restait dans l’île de Ré un marais
en activité et plusieurs à Noirmoutiers et dans la presqu’ile de Guérande… il était
établi que sans que ce soit merveilleusement lucratif, l’activité était relativement rentable
notamment par l’attrait qu’elle a sur les touristes. Au Grand village, un marais tout neuf a donc été
créé, tandis qu’au Douhet, un ancien marais était remis en activité…

Le principe de fonctionnement est facile à comprendre : l’eau salée est exposée sur
une faible épaisseur et une large étendue, aux actions conjuguées du soleil et du vent ce qui
provoque une évaporation continue et donc la cristallisation du sel.

La technique est plus compliquée : L’eau qui arrive de l’océan est amenée à
l’intérieur de la saline par des Ruissons (ruisseaux ou rigoles). Une écluse en bois appelée
ici Vareigne permet de réguler son entrée dans le " jas " sorte de premier bassin qui est
large et qui est habité par des mollusques, des crustacés et souvent même par des anguilles.
Il est évident que contrairement aux marais méditerranéens, ici il faut jouer avec les malines,
c’est à dire avec le rythme de marées (les grandes marées sont séparées par
deux semaines). Donc le jas doit contenir une réserve suffisante d’eau pour alimenter la production
régulière du sel.

De ce bassin donc, l’eau est distribuée par des "cois" ou ""couet" (rigoles) dans les métières
qui vont, par leur faible profondeur, commencer la concentration du sel par une évaporation continue… et
lorsque la concentration en sel est considérée comme bonne, des métières, l’eau passe
alors dans le marais salant proprement dit. Cet espace, vaste et profond de quelques centimètres est
divisé en bassins par des petites levées de terre qui sont à la fois chemins et zones de
ramassage. Du bord de ces petites levées, le "paludier" avec son grand râteau
de bois plein au très long manche, effleure la surface de sel cristallisé qu’il ramène sur
le bord pour en faire des petits tas blancs scintillants. Là le sel s’égoutte et il est ensuite
regroupé en tas plus important aux croisées des levées avant d’être mis dans des sacs
qui iront alors à l’atelier de commercialisation. Le détail minuté de la vie du sel de l’océan
au sac prêt à être vendu, raconté par un paludier du cru, un vrai de vrai, un dont le père
et le grand père était paludiers vaut largement sa bouteille de pineau. |