Les pins et le gemmage

C’est au début du vingtième siècle seulement que la technique très ancienne du gemmage est arrivée en Oléron par l’intermédiaire des forestiers landais qui étaient venus en conseillers techniques pour la protection contre les dunes...
Les gascons qui possédaient depuis plus longtemps la technique de l’extraction, de la récolte et du traitement de la résine de pin pour en faire les produits nécessaires aux industries de la peinture (térébenthine) et des colles et vernis (collophane), les gascons donc ont commencé la production.

Cette exploitation des pins pour leur sève durera une cinquantaine d’années. Une unité de traitement de la résine sera établie, non pas dans l’île mais à la Tremblade dans la presqu’île d’Arvert qui a connu les mêmes problèmes de vent et de sable et appliqué les mêmes solutions que l’île. Les cours et les frais d’exploitation et de transports n’étant plus en corrélation de rentabilité, ces activités ont cessé au début des années 1970.

L’extraction de la résine, ou gemmage

Le système est simple et vieux comme la forêt de pins. Il consiste à ouvrir une plaie dans l’écorce de l’arbre. Cette plaie est entretenue ouverte de telle sorte que la sève s’écoule dans un petit pot de terre cuite qui est fixé au dessous de la plaie par des attaches en zinc (le fer rouillant, le pot tomberait). La récolte de la sève suit des règles établies...

On ouvre la première plaie sur un pin "mûr" c’est à dire d’au moins vingt cinq ans, à la fin de l’hiver et on commence par l’Est la première année, le nord la seconde, puis l’ouest et le sud. La cinquième année on laisse l’arbre reprendre des forces puis on recommence à l’est mais un bon mètre au dessus, ainsi de suite pendant des nombreuses années...

La résine qui s’écoule lentement de l’arbre a tendance à se cristalliser et la plaie à se cicatriser, donc il faut la rouvrir tous les huit jours en moyenne. Quand le pot est plein il faut le vider dans un récipient en fer blanc appelé ici "escouarte" puis les dits récipients sont transvasés dans des fûts pour être dirigés vers le centre de distillation, ici à la Tremblade.

La récolte dure de mars à novembre. Alors on racle les pots, mais on laisse la dernière résine sur la plaie pour que la cicatrisation arrive avant les gelées hivernales. Quand gelées il y a, ce qui est heureusement rare ici.

La récolte est donc lente et dans les années cinquante un procédé plus technique amène un progrès : la projection d’acide sulfurique sur la plaie la maintien ouverte plus longtemps et double la rapidité d’exploitation "sève plus abondante et plaie ouverte pendant deux semaines au lieu d’une" d’où économie de travail.

La production moyenne d’un pin oscille entre 1,5 et 2l par an… c’est peu, mais plus de cent mille arbres exploités donnaient environ 1500 à 1800 hl de résine…considérable !

Mais insuffisant pour que l’exploitation soit maintenue et elle est définitivement arrêtée depuis 1971. Il arrive que l’on trouve encore sur de vieux arbres des pots de résine abandonnés et toujours en place sur les troncs…
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