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| Quand Pline au premier siècle parlait d'Ularius, il parlait d'une île couverte de forêt où le gibier abondait, il n'évoquait nulle part le sable qui pourtant existait bien mais était contenu par l'importante densité des bois. |
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| Historiquement |
Les romains sont sans doute à la base du début de déboisement de l'île, en effet les romains et gallo-romains installés dans la province aquitaine étaient des bâtisseurs et pour bâtir il fallait du bois, il en fallait pour la construction, il en fallait pour les chars et chariots, il en fallait pour les armes, il en fallait pour le chauffage… aussi, une zone occupée par les romains ne tardait pas à voir se réduire sa couverture forestière. Ils avaient une âme de civilisateurs mais pas celle de conservateurs. Jamais il ne leur serait venu à l'idée de replanter. Les forêts étaient tellement étendues que le défrichage était la règle généralisée.
Cette règle s'étendit à l'île comme au continent. Mais sur le continent, la surface le mettait à l'abri des effets du vent et de la mer. Ici, dans l'île, il n'en allait pas de même et au fur et à mesure que disparaissait la couverture forestière, montait en puissance la force du vent et la mouvance des dunes. |
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Les wisigoths déjà, s'installent coté nord-est de l'île parce que le vent y est moins violent et le sable moins mobile. Aliénor d'Aquitaine, qui demande que soient signalés de nuit les dangers de la pointe de Chassiron par des feux permanents, contribue encore au déboisement, c'est un point négatif à son action mais en ce temps là qui aurait parlé d'écologie ?
C'est pourtant à l'époque de la fortification du Château au 17è que les gens sont sensibilisés au danger de la mouvance des dunes. Déjà, on signale des envahissements importants au Sud de l'île à Saint-Trojan. Des maisons sont recouvertes par le sable et bientôt, c'est l'église du village qui doit être abandonnée quand les tempêtes successives poussent les dunes vers l'Est. En à peine plus d'un siècle, c'est-à-dire à la révolution, les trois quarts de la surface de la commune de Saint-Trojan sont devenus désertiques. Les dunes ont tout recouvert. Les autorités locales se décident enfin à réagir devant ce que jusque-là on considérait comme une fatalité inexorable… et c'est l'ingéniosité paysanne qui donne l'exemple. |
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On plante alors des obstacles à l'avancée du sable, mais les tempêtes les balayent et les recouvrent... On fait appel à des techniciens et la confrontation des idées donne un résultat : il faut considérer que le phénomène des dunes est la conséquence du déboisement. Conclusion, il faut reboiser !
Mais plus facile à dire qu'à faire. Le sable a recouvert d'une épaisseur énorme la terre où autrefois poussaient chênes et hêtres. Ils ne pourraient s'enraciner dans ce sol trop meuble. On pense alors à des arbres aux racines rayonnantes comme le pin, mais il ne pourra résister à la puissance du vent sur la côte ouest.
Alors, l'idée vient d'un texte rapporté par les croisés qui disaient qu'en Syrie, le sable était maintenu par des plantes fines et souples qui se nourrissaient du sable...
C'est ainsi qu'apparaissent les premiers oyats qui sont installés sur les dunes face à l'océan au-dessus de Saint-Trojan. Les premiers essais sont suffisamment encourageants pour que l'on aide les plantes dans leur travail de protection en créant des barrières de planches, qui sont souvent recouvertes, mais l'homme est têtu et s'il a décidé de passer outre. Il y va et les barrières remplacent les barrières, et les oyats sont complétés par des genets bretons et des ajoncs... |
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| Progressivement, le beige du sable se teinte de vert et les pins plantés en seconde zone vont commencer leur œuvre de défense. De la fin du 18ème siècle et tout au long du siècle suivant vont renaître les forêts d'Oléron. Cette fois, les pins remplacent les chênes. De plus, ils se développent trois fois plus vite, leurs racines forment des entrelacs qui retiennent le sable et à l'abri des pins, on peut voir progressivement des arbres d'autres essences naître et croître... les chênes verts, des cèdres, des tamaris, puis reviendront des fruitiers et depuis le début du vingtième siécle les fameux mimosas de Saint-Trojan dont la splendide floraison hivernale met de la lumière d'or dans tout le sud de l'île. |
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Mais il faut sans trêve repenser au risque des dunes. C'est un milieu vivant et le vent le fait vivre. Il est obligatoire maintenant de toujours remplacer un arbre par deux plantations.
Actuellement les forêts domaniales qui s'étendent de la pointe de Maumusson à la Rémigeasse sur une douzaine de kilomètres le long des grandes plages, sud ouest et 2 à 3 km dans sa plus grande largeur à Saint-Trojan, celles plus réduite de Domino et la forêt des Saumonards font une couverture verte à l'île d'Oléron, mais elles restent fragiles, et les lambeaux de forêt autour de Dolus, font penser que c'est un milieu écologique absolument essentiel et qu'il faut le respecter et l'étendre si possible. Il existe actuellement de nombreuses friches agricoles et les planter en essences forestières ne pourrait qu'assurer dans l'île une qualité encore meilleure à l'air et à la vie en général.
Quant au plan de l'esthétique il n'est plus à démontrer, le plaisir que l'on peut avoir en se promenant à pied, à cheval, ou en VTT dans les forêts de pins et d'essences variées est tel que l'on comprendrait très bien que la forêt soit en extension perpétuelle. Les bruyères et les fougères font alors un sous bois qui abrite une faune diversifiée et une flore qui contribuent à donner à l'île l'un de ses plus beaux attraits. |
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